Quand droit à une vie affective et sexuelle et position des parents s’opposent, comment accompagner ? Nouvel avis du CNADE

Qu 84: Quand droit à une vie affective et sexuelle et position des parents s’opposent, comment accompagner ?

La responsable du service médico-socio-éducatif d’un ESAT accueillant des personnes handicapées mentales est sollicitée par une jeune femme car elle souhaite participer à un groupe d’expression sur la vie affective et sexuelle mais pense que ses parents s’y opposeront. Rencontrés, ceux-ci expriment un refus catégorique, qui sans doute l’empêchera de confirmer sa demande et paraît en décalage avec la reconnaissance du droit des personnes handicapées à accéder, comme tous, à une vie affective et sexuelle.

La professionnelle vit cette situation, « entre révolte et résignation » et, semble-t-il, sans un étayage institutionnel favorable à un accompagnement en termes de dynamique relationnelle entre la jeune femme et sa famille.

La jeune femme semble relativement capable d’exprimer ses aspirations personnelles tout en mesurant l’importance de son inscription familiale. Juridiquement, elle a toute liberté en matière de vie affective et sexuelle. Le rôle des professionnels n’est-il pas alors d’accompagner ses choix de vie ? Dans une situation marquée par des points de vue antagoniques, comment les dépasser ? Sans doute devra-t-elle élaborer des compromis et il ne s’agit pas de déterminer a priori des objectifs à atteindre. Comment l’aider au mieux à déterminer ses choix à son rythme, tout en offrant si nécessaire une écoute aux parents dans une posture de ressources auprès de leur fille, au moins pour les aider à considérer son évolution ?

Pluridisciplinaire, cet accompagnement constituera aussi pour les professionnels en interaction avec elle ou ses parents une instance d’analyse de leurs ressentis : n’est-ce pas d’autant plus nécessaire que les aspects de l’existence relatifs à la vie affective et sexuelle nous impliquent toujours au-delà du plan professionnel ?

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Le Comité National des Références Déontologiques devient le Centre National Ressource Déontologie Ethique pour les pratiques sociales.