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Qu 085: Une assistante familiale est accusée de mauvais traitements par la mère d’une enfant confiée : que peut-on en dire ?

La mère d’une enfant de 7 ans confiée à l’ASE en accueil familial signale via le 119 et le commissariat, que l’assistante familiale (AF) de sa fille lui tirerait les cheveux et lui mettrait des fessées. Une cellule de crise est alors réunie au sein du Conseil départemental pour définir un plan d’action qui aboutit à la décision d’entendre séparément la mère et l’enfant sans informer préalablement l’AF de la procédure en cours. Les travailleurs sociaux impliqués dans sa mise en œuvre interrogent éthiquement d’une part les répercussions d’une telle démarche sur la relation de confiance nécessaire entre les professionnels, d’autre part les conséquences sur les modalités d’accueil de l’enfant d’une telle dissimulation.

Prenant appui sur une analyse du cadre juridique relatif au traitement des informations préoccupantes et à celui de l’accueil familial, le CNADE a interrogé cette situation sous plusieurs angles :

  • Pourquoi parler de cellule de crise, alors que les risques, tant de dérives professionnelles que de tensions entre parents et famille d’accueil, ne peuvent jamais être exclus a priori ? La manière de traiter ce type de situation ne pourrait-elle pas être anticipée par l’adoption d’une procédure portée à la connaissance de tous ?
  • Quels sont les objectifs qui ont guidé l’élaboration du plan d’action : protéger l’enfant ? l’assistante familiale ? l’image de l’institution ?
  • Même si c’est l’AF qui est directement désignée par la mère, quelle est la responsabilité de l’ensemble du dispositif professionnel ?

Enfin et surtout, comment l’intérêt de l’enfant, le souci de sa protection et de celle de sa parole sont-ils pris en considération dans le circuit de décision ?

 

Qu 084: Quand droit à une vie affective et sexuelle et position des parents s’opposent, comment accompagner ?- Juin 2017-
La responsable du service médico-socio-éducatif d’un ESAT accueillant des personnes handicapées mentales est sollicitée par une jeune femme car elle souhaite participer à un groupe d’expression sur la vie affective et sexuelle mais pense que ses parents s’y opposeront. Rencontrés, ceux-ci expriment un refus catégorique, qui sans doute l’empêchera de confirmer sa demande et paraît en décalage avec la reconnaissance du droit des personnes handicapées à accéder, comme tous, à une vie affective et sexuelle.
La professionnelle vit cette situation, « entre révolte et résignation » et, semble-t-il, sans un étayage institutionnel favorable à un accompagnement en termes de dynamique relationnelle entre la jeune femme et sa famille.

La jeune femme semble relativement capable d’exprimer ses aspirations personnelles tout en mesurant l’importance de son inscription familiale. Juridiquement, elle a toute liberté en matière de vie affective et sexuelle. Le rôle des professionnels n’est-il pas alors d’accompagner ses choix de vie ? Dans une situation marquée par des points de vue antagoniques, comment les dépasser ? Sans doute devra-t-elle élaborer des compromis et il ne s’agit pas de déterminer a priori des objectifs à atteindre. Comment l’aider au mieux à déterminer ses choix à son rythme, tout en offrant si nécessaire une écoute aux parents dans une posture de ressources auprès de leur fille, au moins pour les aider à considérer son évolution ?

Pluridisciplinaire, cet accompagnement constituera aussi pour les professionnels en interaction avec elle ou ses parents une instance d’analyse de leurs ressentis : n’est-ce pas d’autant plus nécessaire que les aspects de l’existence relatifs à la vie affective et sexuelle nous impliquent toujours au-delà du plan professionnel ?

 

Qu 082: « Désir d’enfant et vulnérabilité psychique : quel accompagnement ? » – Juin 2017-

Une conseillère en économie sociale et familiale exerçant dans le cadre d’un foyer d’hébergement est confrontée à la situation d’une jeune femme suivie par un psychiatre. Cette dernière lui fait part de son prochain rdv gynécologique afin de retirer son implant. La jeune femme est en couple depuis moins d’un an avec un jeune homme présentant une déficience mentale. Une rencontre avec l’éducateur du jeune homme a été organisée en présence du couple. Des pistes de travail ont été établies. Cette situation interroge néanmoins la professionnelle qui questionne l’aptitude de la jeune femme à exercer la fonction maternelle.

Il n’entre pas dans les attributions du CNADE de dire quelle aurait été LA bonne réponse à apporter. En revanche, l’analyse de cette situation nous a amenés à formuler plusieurs questionnements dont :

  • Le diagnostic médical et son interférence dans le suivi éducatif et social : Comment l’accompagnement socio-éducatif et l’accompagnement médical s’articulent ils ?
  • L’ambivalence entre désir de grossesse et désir d’enfant : Comment entendre le projet de la jeune femme dans sa complexité ?
  • La prise en compte des potentiels : Quels sont les leviers possibles dans son environnement ?
  • les positionnements professionnels et l’implication des différents acteurs : Comment les différents professionnels (psychiatres, médecins gynécologues, planning familial, éducateur de monsieur, CESF, SAVS) s’articulent-ils dans une perspective d’accompagnement interdisciplinaire ?

Notre réflexion a pris appui sur les Références déontologiques pour les pratiques sociales et sur les principes qui guident une démarche éthique. Elle vise à aider les différents acteurs à reprendre leur réflexion et leurs échanges de manière étayée et distanciée pour bâtir un projet d’accompagnement respectueux de la personne et qui tienne compte de la complexité de la situation.