Les derniers avis du CNADE

Pour lire l’avis complet cliquer sur le titre

Qu 093: Comment aborder le risque de radicalisation d’une mineure lorsqu’on est éducatrice spécialisée en prévention municipale, missionnée pour du décrochage scolaire ? -mai 2018-

Nouvellement arrivée sur un poste de prévention municipale, une éducatrice spécialisée rencontre à leur domicile une jeune fille de 15 ans et sa mère, suite à un signalement pour absentéisme scolaire.

Le père ne vit plus au foyer et le frère aîné serait à l’origine de l’abandon de scolarité de sa sœur, estimant certains contenus scolaires « contraires à la religion ».  La professionnelle, préoccupée et isolée, expose les divers aspects de son questionnement : la jeune fille relève-t-elle d’une situation de danger ? la situation doit-elle être analysée en termes de radicalisation ? En conséquence comment et sur quoi doit-elle communiquer avec sa hiérarchie ?

Dans son avis, le CNADE explore les questions suivantes : quel est le périmètre de responsabilité du maire au regard de l’obligation d’assiduité scolaire ? quelles ressources la professionnelle peut-elle mobiliser pour affiner l’évaluation de la situation de danger et/ou le risque de radicalisation ?

Le CNADE complète son avis par plusieurs développements sur le cadre de la prévention municipale, les repères à se donner quant à la transmission d’informations au maire, le partage d’informations dans le cadre d’instances spécifiques ou avec des partenaires, l’autorité parentale.

Qu 092 : Dépasser un antagonisme parents institution autour de la violence d’un jeune en IME -mai 2018-

L’équipe d’un IME est confrontée aux débordements d’un adolescent. Celui-ci, d’ordinaire calme, peut, sans motif apparent, manifester des comportements violents, susceptibles de mettre en danger ses pairs et les professionnels. Cela est source d’inquiétudes, de tensions voire d’épuisement pour les professionnels en charge de le contenir.

Une prescription médicamenteuse se heurte à l’opposition du père au motif qu’elle met son fils dans l’incapacité de se défendre dans son quartier. Une exclusion temporaire n’a rien résolu. De plus, plusieurs parents, inquiets pour leurs enfants, ont interpellé l’établissement au Conseil de la vie sociale.

Plus que l’agressivité comme modalité relationnelle ou la violence comme négation de l’autre, la conduite du jeune ne peut-elle pas être ici plutôt comprise comme une réaction impulsive de protection de son intégrité ? La sanction alors est inefficiente et renforce le conflit de loyauté entre sa famille et l’établissement.

Peut-on substituer à la recherche de LA réponse (en l’occurrence la médicamentation) une pluralité de dispositions favorables à un apaisement : s’attacher aux signes avant coureurs et agir en conséquence sur leur environnement, développer un accompagnement pluridisciplinaire contenant (relaxation et enveloppe corporelle en psychomotricité, verbalisation en entretiens psychologiques, etc.) ? La rencontre avec les parents sur le projet personnalisé d’accompagnement – pas seulement sur ses crises – ne permettrait-elle pas un dialogue nécessaire pour dépasser l’antagonisme et se saisir d’opportunités ? Comment co-construire une réponse au problème avec le jeune et ses parents ? Comment élaborer un compromis auquel chacun prenne part ? Un compromis au sens où l’entend Paul Ricoeur, « entre des références fortes mais rivales », premier pas pour que les positions respectives évoluent.

Qu 091: Entre notes de travail et pièces du dossier social : questions et tensions autour du statut des écrits professionnels-Décembre 2017-

Une assistante de service social exerçant en ITEP sollicite le CNADE suite au refus par sa direction d’un de ses écrits professionnels.

Cette ASS rencontre systématiquement les parents des jeunes admis afin de recueillir des éléments de l’histoire familiale susceptibles de fournir un éclairage sur les difficultés de comportement du jeune. Elle veille à recueillir leur accord sur ce qui peut être transmis à l’équipe pluridisciplinaire.

Dans la situation qui la préoccupe, les parents sont séparés et en conflit. Elle les a donc rencontrés isolément et a rédigé son écrit en séparant les informations données par l’un et l’autre. Son objectif est de fournir à l’équipe des éléments de connaissance de la situation sociale. Le directeur refuse son écrit, au motif qu’il peut être transmis en totalité aux deux parents.

Sans doute l’ASS tout comme le directeur sont-ils animés par un même souci de prudence face à l’utilisation qui pourrait être faite de cet écrit, mais ils ne semblent pas partager la même conception quant à la finalité et au statut de cet écrit.

  • S’agit-il d’un document de travail préparatoire à la réflexion lors de la synthèse et uniquement destiné à éclairer l’équipe pluridisciplinaire ?
  • Dans ce cas, pourquoi aurait-il à être communiqué dans sa totalité aux deux parents ? Est-ce à dire que, parce qu’il est rédigé et constitue sans doute une synthèse des notes de travail ponctuelles, cet écrit est considéré comme une pièce à porter au dossier ?
  • Le CNADE interroge le cadre législatif de la constitution du dossier en ITEP et du droit des parents d’un enfant mineur à accéder aux informations le concernant, avant d’approfondir la réflexion sur les écrits professionnels et la transmission d’informations. Comment apprécier la notion d’information nécessaire et suffisante en lien avec l’exercice de la mission, l’objectif de l’écrit et sa destination ?