Une gynécologue obstétricienne se trouve confrontée à un dilemme éthique lorsque des femmes, victimes de violences sexuelles durant l’enfance (inceste notamment), s’adressent à elle en vue de pratiquer une stérilisation tubaire ou une hystérectomie alors qu’aucune prise en charge du psycho-traumatisme n’a été initiée et est refusée par les patientes lorsqu’on la leur propose. Peut-elle, dans ces conditions, accéder à leur demande alors qu’un tel acte aura des conséquences irréversibles ?
Le CNADE mène sa réflexion à partir de différentes approches :
- Que dit la loi concernant la stérilisation à visée contraceptive ?
- Comment comprendre les mécanismes de défense mis en place par les personnes ayant vécu ce type de traumatisme dans l’enfance, sans avoir bénéficié en temps voulu d’un accompagnement adapté ?
- Cette demande doit-elle être considérée uniquement sous l’angle d’un impact négatif sur leur liberté de choix ? Ne peut-elle témoigner aussi d’une intention positive de la femme de ne pas voir son histoire se répéter avec son enfant ?
- Quels repères et principes éthiques peuvent aider le médecin dans son accompagnement de la personne en vue d’une décision libre et éclairée, et dans sa décision d’accepter ou non la demande qui lui est adressée ?
